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dimanche 27 septembre 2026

AU QUAI DES BRUMES

















Un poème à la fois

atteindre l'aube...

sa flamme ouverte!


Jean Coulombe © 2026



lundi 25 mars 2024

AU CORPS DU MATIN

















Chez Yolande 4H15 am, Quartier St-Sauveur à Québec. Printemps 83

AU CORPS DU MATIN

Un ordre de frites au corps du matin
dans la très basse-ville de Québec

clientèle venue de nulle part
pour retourner nulle part

basse-nuit de ma basse-vie
dérives et résurrection

complainte pleine au bouchon
avec un gros trou dans l'coeur

les frites sont bonnes
graisseuses à souhait
petit répit de creux de vague

certains s'accrochent au comptoir
d'autres les décrochent

la nuit avale tout l'monde
sans compromis...

Ici, personne appelle la police.





mardi 2 mai 2023

AU GRIS DU MATIN

 


















On a trouvé un corps
les berges de la rivière frissonnent

le matin suit sa lancée
les gens regardent ailleurs

la ville reprend sa rumeur

un sans-abri de moins

la violence est glauque
comme un ulcère furieux.






samedi 8 avril 2023

ÉPIDERMES

















Inconnus enlacés sous les néons froids
rires abrupts au-dessus du vide

blessures enchevêtrées

le peu que l'on a...
le peu que l'on donne

silences rasoirs tranchant la nuit
on se lance une ode à la lune

la basse-ville est une messe basse

ils ont pris ce navire perdu
sans importance autre que vitale

les histoires qu'ils se content
leur servent d'armure
une autre façon de ne rien voir.

Il n'y aura pas de deuxième chance
car les départs ne reviennent jamais.


 


lundi 14 novembre 2022

TRAJECTOIRES (2)

 



















Les extra-terrestres trop terrestres
peuplent les trottoirs de la basse-ville

chacun sa trajectoire, son accident

tout doit rouler malgré tout
en nos vies, comme dans le reste.

On prend son faux bonheur en selfie
on rêve de vacances dans le Sud...

Toujours en manque de caresses
l'hiver aura encore les crocs longs.



mercredi 2 novembre 2022

FAIRE ÉCHO

 

À paumes ouvertes
contre le chaos du réel

les éclopés de la roue de fortune

roulent essieux cassés
sur l'autoroute sociale

les regards se détournent

le vertige est brutal.


Vidéo: Jean Coulombe et Gilbert Sévigny © 2022



mardi 7 décembre 2021

L'INFINI SERPENTE

 












L'infini serpente
arpente le non-lieu
le non-incarné

ses étranges musiques
surgies du passé
comme un poème de Denis Vanier
en pleine nuit froide
dans une cathédrale déserte

loin des promoteurs immobiliers carnassiers

loin des liturgies stériles

je vais indomptable

je contourne les pièges à rats
les étoiles mortes
pour mieux renaître.




jeudi 9 septembre 2021

VILLE ANIMAL

 












Comme un animal farouche
la ville a ses rythmes, ses odeurs

elle a besoin d'être apprivoisée
lentement, au fil des heures
des jours et des saisons.

La ville et moi dansons
un drôle de tango
depuis des âges

nous avons nos passions
nos mésententes

très loin entre ses néons
meurt la trace du soleil

elle est un monde, le reflet
de ce que nous sommes

son feu, dans mon âme
au creux des forêts.



Jean Coulombe ©  2021



lundi 24 mai 2021

LA FROIDEUR DES COMPTOIRS BEAUTÉ

 



















J'ai un blues de pharmacie déserte
ses néons froids charcutant l'iris.

Coup de vieux au bout des présentoirs
sourire carnassier au rayon parfums

je suis le chemin de mon ombre sur les écrans

je transgresse les loteries pour du bonheur fantôme

je m'auto-inocule le fracas pour terminer cette course
au-delà des cendres qu'on nous réserve!




mercredi 11 mars 2020

FRAGILITÉS






















La rue appartient
aux chats errants.

Au bout de leur âge

ils tracent, pas à pas
la ligne du soir qui tombe

car ils savent glisser
au fil du temps perdu.



Jean Coulombe © 2020


mercredi 1 janvier 2020

EFFLEUREMENT





















J'habite encore la maison fantôme de mon enfance
le temps d'un passage du rêve à l'absolu.

Mais l'absolu où réside-t-il quand les distances ont fui?

Quand s'écourte ou s'allonge le temps qu'il me reste?

J'occupe le même espace au creux de moi
celui imparti ou celui que je me donne
à défaut de pouvoir saisir ce qui m'échappe...

Tout vient à moi comme je vais à tout
les yeux ouverts pour mieux libérer mon regard.

J'aurai effleuré le monde en embrassant son invisibilité.

Et j'avancerai jusqu'à la perte de l'aube
sans même assigner un destin au fil du jour.



Jean Coulombe © 2020


mercredi 11 décembre 2019

DICHOTOMIE





















Tu marches dans ton ombre
et ta main ignore ton corps

tu marches à côté de ton corps
qui ignore ta main

tu le regardes de biais
il te jauge comme tu le juges

car la morsure du temps
est l'ultime dichotomie

ses crocs jaunes
creusent la suite.


Jean Coulombe © 2019



samedi 14 septembre 2019

AU PIED DES RAPIDES





















On traverse en groupe
les bruines sociales

on relève son col
on essuie son front

on remplit de buée
l'autobus bondé

on se jauge en filigrane
on s'imprime de non-présence

on regarde les visages
descendre le courant

au pied des rapides
les distances...



Jean Coulombe © 2019


mardi 13 août 2019

JE VEILLE MOI NON PLUS





















Où mettre le feu sous la pluie?

J'ermite mon émeute intimiste
enfermé aux musiques du temps

tant de bouches au parloir
tant de muqueuses orphelines

le tumulte fait recette
j'écoute le silence entre les mots

aux engrenages philosophiques
les fleurs s'étiolent blessées

jamais vraiment au bon endroit
je veille moi non plus.



Jean Coulombe © 2019


mardi 30 juillet 2019

AUX ÉVEILS






















Lentement, je monte aux éveils
car le silence sculpte l'ombre

une fois la nostalgie assassinée

les instants reluisent
comme des soleils noirs.


Jean Coulombe © 2019


jeudi 18 avril 2019

RETOUR DE SON





















Ce qui nous arrache le coeur
ne finit pas toujours
dans la gueule des chiens

le printemps nettoie l'âme
comme un vautour broyeur d'os
un retour de son au tympan du diable

notre petit sentier brûle devant nous
la chaleur de nos pas monte en rosée

nous savons résoudre
la quadrature des âmes

à feu ouvert dans la ville
une cicatrice à la fois.


Jean Coulombe © 2019


vendredi 11 janvier 2019

LE SOMMEIL DES ARBRES





















Arbres de nuit
oiseaux apatrides
bercés d'extases

arbres sauvages
fuseaux d'ombre

arbres de ville
stoïques survivants

la musique des boulevards
envahit vos branches

vous couvez l'espoir
en sèves folles

arbres sourds de métal
arbres en marche

baumes d'horizon
pour poète meurtri

percez mes paupières
au-delà des glaces.


Jean Coulombe © 2019


vendredi 7 décembre 2018

L'ESPOIR SOUS MA LANGUE





















La solitude morbide
lâche prise vers le vide

les oiseaux-flammes
accompagnent
le souffle chaud
du printemps éternel.

Pourquoi ce vertige
penché sur ma ville?

Pourquoi brûle l'espoir
sous ma langue?

Tout sera dit sans brusquer
les étoiles

tout sera consumé
au bruit du silence.


Jean Coulombe © 2018


lundi 17 septembre 2018

SOLEIL GRIS






















La boîte vocale
de la misère
est pleine

les élections
s'en viennent

le soleil
reste gris.



Jean Coulombe © 2018


jeudi 16 août 2018

SOCRATE






















Socrate est parmi nous
il hante le centre-ville

il mange de la poutine végane
et roule en fat-bike

il a son lot d'amendes impayées
il n'écoute pas le téléjournal

on lui a fait un profil Facebook
qu'il ne consulte jamais...



Jean Coulombe © 2018