lundi 21 septembre 2020

PERDU EN MER

 



La gloire fanée de mon père.

Je n'ai pas su vaincre
l'irréparable fossé,
des siècles qui nous séparent.

Il repose près de la mer
où son âme vagabonde
en suivant les lunes.

Il n'a pas fait la guerre
mais n'a pas connu la paix.

Je suis un quelconque reflet
des ses rêves perdus.





vendredi 18 septembre 2020

ÉPITAPHE






















Les rues ceintes de graffitis
le ciel loin des yeux
les ombres mises au pas
à l'encre des néons
la lumière noircit
les contours des heures.

Bouche fanée
visage d'une blessure
tu marches avec les morts
un cri étouffé dans les veines...

Princesse en exil,
ton épitaphe est tatouée sur ta peau.




mercredi 9 septembre 2020

HORIZON FRAGILE

 













Prenez garde aux montées d'âme

car il n'est rien de plus réel

que l'illusion de saisir la lumière


on s'y laisserait prendre

au bûcher du soir.


L'horizon est fragile

ses couleurs s'effacent

comme les chants

d'une langue inconnue.


Jean Coulombe © 2020



dimanche 30 août 2020

LA FAILLE DES HEURES





















L'alphabet solaire oublié
on aura appris les heures.

Entre l'aube et son modèle
l'instant n'appartient
qu'à la réalité du poème.

Finalement
le temps s'use à l'envers

le passé n'arrive jamais à combler
la faille des heures.


Denis Samson © 2020


mardi 25 août 2020

L'ORGUEIL





















Je lis la mort comme un best-seller
volé dans une gare déserte.

Je saisis le jour dans ma main
jusqu'à la brûlure.

Je laisse la pluie pleuvoir.

J'entends les feuilles tomber.

Je suis le voyage d'un nuage orphelin
abandonné dans un ciel trop bleu.

Et je vois passer au loin
l'orgueil de la bête humaine.



Jean Coulombe © 2020


mercredi 19 août 2020

SUR LA SCÈNE DU SOMMEIL





















Lorsque
les bêtes domestiques du sommeil
reposent
immobiles et silencieuses
les yeux tournés vers l'intérieur,
on peut prendre ses distances avec les heures.

Être ce corps
dans un esprit abstrait
qu'un souvenir ravive.



Denis Samson © 2020


lundi 10 août 2020

DOS AU MIROIR


























La planète a le souffle court
tout autour les brasiers

j'arrache ma fenêtre
pour mieux boire
la tempête

je vois trembler les étoiles
je me noie dans la nuit

pour ma chair tant d'images
éclatent à contre-jour

je tourne le dos au miroir

et dans la constance du coeur
je sens mes amours
qui tombent à leur place

le voyage peut commencer...



Jean Coulombe © 2020