mardi 27 octobre 2020

LÀ-BAS

 












Je suis une constellation
de fragilités
un corps de bête blessée
au coeur d'un rêve.

Je goûte aux ombres
sans baisser le regard
là où ma petite mort
se plaît à scintiller.

Je ne sais plus où fuir
quand mes racines
plongent sous la neige
quand les lourdes tempêtes
reviennent me hanter.

Là-bas... Tout près... Tout loin...

Une lueur nouvelle réclame ma nuit.





lundi 19 octobre 2020

APRÈS LA FÊTE

















Le ciel perd ses eaux.

Dessins d'enfants
oubliés sous la pluie

arcs-en-ciel
délavés
sur papier mouillé.

On a éteint la lumière
dans la cour.

Le jour finira bien
par se lever.



La première neige est tombée
sans que je l'entende.


Denis Samson © 2020


vendredi 9 octobre 2020

LA CHUTE

 













Il n'y a plus de mystères
et c'est la beauté de la chute

l'instinct est chapardeur
il provoque les fureurs.

En cette époque hurlante

c'est fou ce qu'on entend
ce qu'on ne veut pas entendre.

Dos au levain de la terre
mon étincelle inviolable
mon instance de vie.






dimanche 4 octobre 2020

LES HEURES CLOSES ( sur la scène du sommeil -2- )

 















Sur la scène du sommeil
à déchiffrer les heures
aux horloges de chair
l'oeil dérobé au regard
la nuit retient son souffle
le lit se retourne en baillant
chuchote et se rendort.


Denis Samson © 2020


dimanche 27 septembre 2020

HUMMINGBIRD

 













Les foins sont tout coupés
depuis hier

Mon père dirait:
demain va falloir décrocher
l'eau des colibris



Alain Larose © 2020


lundi 21 septembre 2020

PERDU EN MER

 



La gloire fanée de mon père.

Je n'ai pas su vaincre
l'irréparable fossé,
des siècles qui nous séparent.

Il repose près de la mer
où son âme vagabonde
en suivant les lunes.

Il n'a pas fait la guerre
mais n'a pas connu la paix.

Je suis un quelconque reflet
des ses rêves perdus.





vendredi 18 septembre 2020

ÉPITAPHE






















Les rues ceintes de graffitis
le ciel loin des yeux
les ombres mises au pas
à l'encre des néons
la lumière noircit
les contours des heures.

Bouche fanée
visage d'une blessure
tu marches avec les morts
un cri étouffé dans les veines...

Princesse en exil,
ton épitaphe est tatouée sur ta peau.