Affichage des articles dont le libellé est Extrait de Prières barbares. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Extrait de Prières barbares. Afficher tous les articles

jeudi 27 mars 2025

RACINES / TEMPÊTES

 
























جذور العاصفة

On coupe un olivier
et la terre pleure

racines au vent
racines douleurs
racines à vivre

la terre ne veut pas mourir
la terre ne peut pas mourir
ses larmes sont amères

la force des racines
contre les bulldozers

un peu de soleil
pour tout le monde

la pluie s'endort
sous le sable

l'espoir est une blessure
dans ce bal lugubre...




mercredi 4 janvier 2023

LE FEU DE TA TÊTE

 





















Je te regarde
triomphe du silence
glissant sur ton visage
à travers notre histoire

secret ouvert
aux galaxies brumeuses

ciel dissolu de ville-orchestre

migrations giratoires
s'emparant de nous

je veux le feu
de ta tête.




vendredi 9 octobre 2020

LA CHUTE

 













Il n'y a plus de mystères
et c'est la beauté de la chute

l'instinct est chapardeur
il provoque les fureurs.

En cette époque hurlante

c'est fou ce qu'on entend
ce qu'on ne veut pas entendre.

Dos au levain de la terre
mon étincelle inviolable
mon instance de vie.






lundi 21 septembre 2020

PERDU EN MER

 



La gloire fanée de mon père.

Je n'ai pas su vaincre
l'irréparable fossé,
des siècles qui nous séparent.

Il repose près de la mer
où son âme vagabonde
en suivant les lunes.

Il n'a pas fait la guerre
mais n'a pas connu la paix.

Je suis un quelconque reflet
des ses rêves perdus.





lundi 25 mai 2020

REFUS



















Il y a une guerre autour de nous
comme il y a une guerre en nous
et mon sang s'y refuse...

La ligne de front est intime
les distances torturent
l'horizon brûle...

Le bal masqué nous entraîne
au chevet des ombres

Il y a une guerre entre nous
et les lâchetés s'incrustent
tant la mort rôde...

Nous aurons dans les cendres
des étoiles à redresser
des rêves à repeindre.


Jean Coulombe © 2020



mardi 28 avril 2020

L'ENVERS DU TEMPS





Le chant de l'ermitage
est devenu l'air du temps

la solitude est une prière profane

la terre peut nous oublier.


Jean Coulombe © 2020


mardi 19 mars 2019

LA FOI





















Ne crois pas
au fractionnement du réel
à tout ce qui nous gruge.

Ne crois pas
au point de non retour
à la petitesse des idées noircies.

Mais crois
au vertige d'un vol d'outardes
jusqu'au risque de vivre inassouvi.

Car tout advient aux forceps de l'aube
au feu du lendemain.


Jean Coulombe © 2019


lundi 7 janvier 2019

ZÉNITH




















Au zénith
je reprends tout
sans rien échapper

je ne crains plus
la mort des braises

je ramène au coeur
l'étincelle volée

j'attends le cri des arbres
pour graver parole
aux racines nomades.


Jean Coulombe © 2019


mercredi 16 mai 2012

PRIÈRES BARBARES






















De grands filaments d’arbres morts me caressent le visage tout au long du voyage intime et je revois ma cour d’école catholique et barbare.

J’ai l’inertie catatonique des communiants et la virginité poussive des innocents. Tout autour, s’agite la foi aveugle et la chasse aux insectes. Plus loin, les handicapés attendent leur supplice et les curés sermonnent. Tout goupillonne à vau-l’eau comme le troupeau avance vers les prairies du purgatoire. Le ciel paranoïaque est plein de bombardiers russes et les mononcles boivent du gros gin. 

La route des vacances est longue et cahoteuse vers la Gaspésie des falaises; celles dont il ne faut pas s'approcher, sous peine de fessée.

Mais... comme c’est fort, l’odeur de la mer!


Jean Coulombe © 2012


jeudi 3 mai 2012

CABANONS






















Une ville étrangère a poussé
dans mes souvenirs d'enfance

entre la barbarie des prières
et le troupeau des catéchumènes

de beaux bungalows bien propres
le gazon plus vert que vert

pas un cri plus haut que l'autre
et des 8 cylindres à chaque entrée

comme un chien sans médaille
à l'aube, je gagnerai la forêt


Jean Coulombe © 2012


jeudi 26 avril 2012

BANLIEUSARD


























Les amitiés d'enfance
sèchent sur la corde à linge

le soleil est rare
le vent se casse

tout sent le moisi
au pays des bénitiers

je prends ma route
à bras-le-corps

sans un regard derrière.


Jean Coulombe © 2012