dimanche 16 février 2020

1,000 SOLEILS (matin d'hiver)


... un souvenir



















«Ainsi rêvant à l'avenir,
Je songe à mon printemps qui tombe:
Mon passé n'est plus qu'un souvenir,
Mais, hélas! Il sera ma tombe.»
Émile Nelligan, Silvio pleure



L'aube
échevelée de baisers
le froid qui rampe
au pied du lit

le givre qui fleurit tranquillement
sur les vitres

et son sourire
à faire éclore mille étoiles
comme mille soleils
à la fenêtre.




Denis Samson © 2020



samedi 8 février 2020

COMPLAINTE POUR DEMAIN





















Le vol brisé des amours
cadenasse l'horizon.

La complainte à la vie
que je n'ai pas su chanter
me tance en blues sauvage.

J'ébouriffe la nuit en cendres
comme si c'était ma dernière

ton absence me roue de coups
et je frissonne entre les silences.

En sursaut, l'éveil cabre le jour.


Jean Coulombe © 2020


samedi 1 février 2020

ÉLÉMENTS DU VIDE




Là-haut
cette multitude
d'astres solitaires

en bas
l'eau qui souffre
une rivière trouble.

À marée d'âme
la mer qui s'essouffle
aux rivages du coeur
où s'échouent nos souvenirs

et l'amour
toujours plus fort
que les raisons qu'on se donne
d'aimer.



Denis Samson © 2020





lundi 27 janvier 2020

ON DANSE



















L'heure bleue s'avance à moi

ou est-ce mon regard
qui embrasse sa radiance?

Tu es toujours là
sans y être vraiment

tes ailes frôlent ce crépuscule
qui nous enrobe

tout est feutré dans ces instants
libérés des pierres

car présence et absence
dansent leur curieux tango.

Il n'y aura pas d'étoile creuse

tes paroles muettes iront rejoindre
l'envers de ma mémoire

celle qui voyage seule.



Jean Coulombe © 2020


dimanche 19 janvier 2020

RÉVOLUTIONS DES SPHÈRES CÉLESTES



























Corps célestes écroués des sens
à la clinique externe des songes

une rupture des heures

une fenêtre ouverte sur un ciel
de vastes accessoires
sous lequel les ombres
courbent l'échine.



Denis Samson © 2020


vendredi 10 janvier 2020

MONDE DES BOIS

À Francine...



















Dans le monde des bois
les heures tournent en rond
pour finir par se perdre

la neige seule
suit la piste du chevreuil.

Dans le monde des bois.



Denis Samson © 2020


mercredi 1 janvier 2020

EFFLEUREMENT





















J'habite encore la maison fantôme de mon enfance
le temps d'un passage du rêve à l'absolu.

Mais l'absolu où réside-t-il quand les distances ont fui?

Quand s'écourte ou s'allonge le temps qu'il me reste?

J'occupe le même espace au creux de moi
celui imparti ou celui que je me donne
à défaut de pouvoir saisir ce qui m'échappe...

Tout vient à moi comme je vais à tout
les yeux ouverts pour mieux libérer mon regard.

J'aurai effleuré le monde en embrassant son invisibilité.

Et j'avancerai jusqu'à la perte de l'aube
sans même assigner un destin au fil du jour.



Jean Coulombe © 2020