mardi 25 août 2020
L'ORGUEIL
Je lis la mort comme un best-seller
volé dans une gare déserte.
Je saisis le jour dans ma main
jusqu'à la brûlure.
Je laisse la pluie pleuvoir.
J'entends les feuilles tomber.
Je suis le voyage d'un nuage orphelin
abandonné dans un ciel trop bleu.
Et je vois passer au loin
l'orgueil de la bête humaine.
Jean Coulombe © 2020
mercredi 19 août 2020
SUR LA SCÈNE DU SOMMEIL
Lorsque
les bêtes domestiques du sommeil
reposent
immobiles et silencieuses
les yeux tournés vers l'intérieur,
on peut prendre ses distances avec les heures.
Être ce corps
dans un esprit abstrait
qu'un souvenir ravive.
Denis Samson © 2020
lundi 10 août 2020
DOS AU MIROIR
La planète a le souffle court
tout autour les brasiers
j'arrache ma fenêtre
pour mieux boire
la tempête
je vois trembler les étoiles
je me noie dans la nuit
pour ma chair tant d'images
éclatent à contre-jour
je tourne le dos au miroir
et dans la constance du coeur
je sens mes amours
qui tombent à leur place
le voyage peut commencer...
Jean Coulombe © 2020
jeudi 30 juillet 2020
ENTRE PIERRE ET BROUILLARD
Jour naissant
le chant d'une rivière
et l'écho des étoiles
qui s'éteint...
Entre pierre et brouillard
c'est la forêt
qui fait les premiers pas vers l'aube.
Forêt nomade
qui migre vers le nord.
Denis Samson © 2020
dimanche 26 juillet 2020
MURAILLES
Les murailles déferlent
pierre par pierre
paysage par paysage
les murs dansent
autour de moi
et en moi...
Blues d'époque
Blues de péremption
mes espoirs frelatés
plus forts que l'ombre.
J'arrache aux ténèbres
le courage du lendemain.
Jean Coulombe © 2020
mercredi 15 juillet 2020
SUR LE QUAI
Assis sur ce quai
je bois du mauvais vin
pour le goût
à la santé des coeurs brisés
épaves du passé usées
par le flux et le reflux
de ces heures enchaînées
à l'intérieur.
Il ne faut pas trop se fier
à sa mémoire
lorsqu'il s'agit d'oublier
ce qu'on aimerait bien oublier afin
que tout ce qui nous lie
aux chimères du passé se rompe.
Denis Samson © 2020
jeudi 2 juillet 2020
CLAIR-OBSCUR
La réalité se livre
en images feutrées
au miroir clair-obscur
le présent est un passé
à demi oublié
il me faudrait plusieurs vies
pour épuiser mes envols
mais le coeur s'épuise
à boire tant de couleurs
je m'invente un chemin
pour apprivoiser la nuit
une prière noire pour
notre ciel sans lune
de mon corps
je calme la bête
le temps est autre
et la douceur
nous habite
comme une brume.
Jean Coulombe © 2020
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