lundi 12 octobre 2015

LE POURBOIRE DE LA NUIT



















À trop mordre
le jour
on y brûle
sa nuit

la vagabonde
ivre de souvenirs
ne laisse jamais
de pourboire.



Jean Coulombe © 2015




samedi 10 octobre 2015

LA VOIE LACTÉE



















Vers l'horizon le fleuve
rencontre l'obscurité plus profonde
d'une nuit sans lune
d'où surgissent
innombrables
les étoiles

illuminée
la croix de Mont Saint-Pierre
semble clouée au ciel
dans le noir

au point de rosée
ça prend une épaisseur de plus

soirée d'automne
calme à l'infini

juste un peu de vent
qui balaie les feuilles mortes
et fait sécher le linge
sur les cordes.


En Gaspésie avec mon frère en poésie, le 6 octobre 2015.


Denis Samson © 2015




samedi 3 octobre 2015

COCKTAIL DÎNATOIRE






















Robots romantiques
peignures d'acier
regards élastiques
nourritures cosmétiques

piano-lounge naufragé nuages
en robes froides
froissés au balcon

limbes urbains

le jeu des ombres orphelines

portrait de l'homme muet.



Denis Samson © 2015




samedi 26 septembre 2015

LA ROUTE






















Vivre ses matins
acier contre acier

illusion du travail accompli

fenêtres ouvertes
se mélanger au froid

et cette musique...

Toute cette musique
pour la route.



Jean Coulombe © 2015


dimanche 20 septembre 2015

RÉVEILLER L'EAU QUI DORT






















Retour d'aube

ombres enchaînées à des ombres

l'eau chaude est
frette   l'eau frette
est chaude

le vent sous les verrous
les heures s'écoulent
lentement.

Jour de pluie
poésie.


Denis Samson © 2015


vendredi 18 septembre 2015

LABORATOIRES D'INSOMNIE



























Figures d'amnésie rapiécées
mes yeux parmi ceux des dormeurs
aux étages du soir
et la serrure
pour regarder là-haut
et voir d'où la nuit tombe,

tant que le temps lui-même
réussira pas
à devenir un poème
il y aura pire
que cette panoplie
des laboratoires d'insomnie
pour apprivoiser ses blessures.


Denis Samson © 2015


dimanche 13 septembre 2015

TA VOIX PERDUE






















Ton sourire volcan
s'arrime au lent travail
des rosées fraîches.

Tu es la palpitation
des orages sismiques.

Tu as la voix furtive
de celles qui savent
toujours où elles vont

dans la charpie du jour.


Jean Coulombe © 2015