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dimanche 22 septembre 2024

LA MORSURE DU CHIEN FANTÔME

 (juillet 1970, Saint-Léonard de Portneuf)



















Par une nuit sans lune
j'ai traversé l'horizon

évadé de ma vie
pour tomber dans le noir
sous les crocs du chien fantôme

j'ai hurlé ma survie
poursuivi mon chemin
sans voir son ombre

en haut de la Côte Joyeuse
j'ai pu ouvrir les bras
enfin respirer le ciel

j'ai souvent repensé
aux grognements aveugles
qui ont déchiré le silence

je n'avais de famille
que moi-même...









mardi 21 mai 2019

LE SEUIL






















Les choses se font et se défont
leurs traces strient mon coeur
sans pardon ni oubli

mon père me murmure à l'oreille

les montagnes pleuvent
pierres et grêle

mon souffle s'allume
au diapason des ombres.



Jean Coulombe © 2019


jeudi 2 mai 2019

DÉBÂCLE



















Je creuse des ruisseaux fantômes
au centre de mes certitudes

j'y vis la débâcle
en apnée poétique
comme un carnaval sacré

je corde mes frasils sur les rives bleues
la voix fêlée et le soleil trottoir

mes retours d'enfance
s'accumulent en tumulte

mes matins roulent à blanc.


Jean Coulombe © 2019


mardi 12 mars 2019

LE LIVRE CHARLESBOURGEOIS DE LA VIE ET DE LA MORT
























L'âge enfonce ses réalités
loin dans ma chair

le paysage humain se disloque
emporté par le temps perdu
la lumière en débâcle

je sens le nuage
se poser sur ma main
comme un papillon aveugle.



Jean Coulombe © 2019


lundi 1 octobre 2018

LE GRAND ATELIER


















Un argot d'identité
creuse la chair du diable

la peinture se sur-réalise

l'État du Québec en soleil bleu

car la fabrication du consentement
reste une bible érotique entre hommes.

Résistances pour raisons communes

au grand atelier de l'énergie humaine
à l'usage de l'insurrection qui viendra!



Jean Coulombe © 2018


mardi 5 septembre 2017

SE PARLER TOUT SEUL






















La glace de sa voix
emplit mon répondeur
de feux éteints

la déchirure du jour
s'incruste au frimas
de mes ailes repliées

le printemps furtif
s'acharne à vide
les décors valsent

moi, je ne danse plus
lourd de fausses joies
cassées sur l'écho.

Interminable
cercle vicieux
des faux départs.


Jean Coulombe © 2017




lundi 6 janvier 2014

LA FÊLURE





















La fêlure entre
ceux qu'on aime
et ceux qu'on déteste
entre les coups de poing
et les embrassades

la fêlure entre
nos fragiles passions
et toutes ces haines
qui nous crachent leur venin
au fond de la bouche

la traître fêlure qui
entre TOUT et RIEN
pousse parfois son chemin
jusqu'à devenir nôtre.


Jean Coulombe © 2014