lundi 12 mars 2018

LE FRACAS DE TA SÈVE




















Perdue sur le sentier
des neiges mortes

tu es belle

tes frayeurs
étincellent
avant de fondre

lancée sur la glace mince,
tu as compris
la profondeur de l'espoir.

Ta sève de survivre
brûle tout le fatras

elle bouscule
les vérités creuses
tombées là comme
des fruits capricieux.


Jean Coulombe © 2018



vendredi 9 mars 2018

5 À 7 DES FANTÔMES



























Tu te pintes en spécial
près de chez moi
tu téléphones pour dire
quelque chose
ça ressemble
à une invitation...

Retour d'âge d'un vieux bar
au 5 à 7 des fantômes
l'alcool coule à pic
les épaves des horloges remontent
les fuseaux horaires du corps,

je remonte la rivière
d'une mémoire
où viennent boire les souvenirs...

Last-call
le visage affaissé des heures
des grandes gorgées
pour vider la place

mal au coeur
entre les deux oreilles
un taxi pour s'enfuir
un lit pour s'enfouir

au 5 à 7 des souvenirs
le temps n'existe plus
que par abstraction.



Denis Samson © 2018


jeudi 1 mars 2018

SUR LE CHEMIN DES SOUCHES BRÛLÉES






















L'entreprise d'être un enfant
caché dans de vieux os

fulgurances
réminiscences

lové en mes chairs

j'essaie de dompter
tout ce que
je n'ai jamais saisi

sur le chemin
des souches brûlées.


Jean Coulombe © 2018


dimanche 25 février 2018

BERCEUSES





















Lunes à vif
berceuses industrielles
nuages qui baillent
nuits raturées néon

les ombres se marchent sur les pieds

la ville se raconte
de belles histoires
pour s'endormir

congères des songes
engelures du sommeil

des bains de lumière froide révèlent
l'identité réelle de la douleur

les sans-abris s'endorment toujours
dans l'oeil d'un ouragan.


Denis Samson © 2018


dimanche 18 février 2018

GLACE NOIRE





















Quand ma vie glisse
sur une plaque
de glace noire

les détails s'acharnent
chaque lueur me parle.

Immense joie
d'un astre
arraché à la nuit

bousculade d'air
jusqu'au fond
de mes fêlures.


Jean Coulombe © 2018



mardi 13 février 2018

HIVERNAL





















Ondes de tempête

Dans la poudreuse
sur la piste de chants d'oiseaux
le vent brouille les ombres
le froid lui-même
reste attentif aux signes.


Maison froide

Le feu est mort
la maison finit par s'endormir
seule
sans personne pour la réchauffer
tout autour la terre craque
le soleil se lève tard
la nuit tombée en neige
battue des vents.


Sédentaire

Parti pour l'hiver
à écrire des affaires
d'hiver
je passe l'hiver
en hiver.


Denis Samson © 2018


vendredi 2 février 2018

À CONTRE-JOUR



















Mon corps est un vitrail éphémère
une rivière à contre-jour
comme un poème abandonné

et toujours cette chanson
qui me tourne dans la tête

mon corps me livre au temps
rides et poings liés
dans la galaxie des miroirs

et toujours cette chanson
qui brûle mes 16 ans.


Jean Coulombe © 2018