dimanche 29 mars 2020

L'EXODE DES CENDRES






Notre âme est un simple reflet
de ce que nous ne pouvons être

car il n'y a pas d'âme
et le monde est une fuite en avant

une goutte d'eau fait tous les voyages
ceux que nous n'avons jamais faits
ceux que nous ne ferons jamais

chaque battement d'ailes est un printemps

il nous faut retrouver nos regards perdus

la beauté est un état d'esprit aveugle.



Jean Coulombe © 2020


vendredi 27 mars 2020

DE TEMPS EN TEMPS


























Prendre le temps
de regarder
l'espace d'un instant

le temps d'écrire

de regarder passer
le temps qu'il fait

prendre le temps
d'écrire l'espace d'un instant
d'éternité.


Denis Samson © 2020


mercredi 11 mars 2020

FRAGILITÉS






















La rue appartient
aux chats errants.

Au bout de leur âge

ils tracent, pas à pas
la ligne du soir qui tombe

car ils savent glisser
au fil du temps perdu.



Jean Coulombe © 2020


lundi 9 mars 2020

SEUL À SEUL


























Avec toutes les égratignures du ciel
à ta fenêtre
l'instinct de la plaie étant
de se fondre dans le noir
tu t'éclaires au clair de lune

la nuit est encore jeune
la bière est encore vide
le vide est encore froid

cassés le corps et la bouteille.

Tu dis que tu
préférerais être seul...

La nuit est encore jeune.

Le ciel est plein
de paroles qui s'ennuient

d'immenses océans
séparent les yeux du coeur
de tous ces gens qui sont seuls
dans le noir.

La nuit est encore jeune et il n'y a
personne qui m'attend.

Je me demande si je vais rentrer
directement à la maison.



Denis Samson © 2020


mercredi 26 février 2020

TERRE BRUTE





















Les galaxies passent
mon temps avance

il y a ma parole
qui déploie ses ailes

et toute ma vie, à froid
qui traverse les miroirs

la clameur du silence
s'insinue en moi
comme un frisson

l'utopie de mes sens cache
une terre brute à aimer

car sous chaque pierre
se cache ma naissance.



Jean Coulombe © 2020


samedi 22 février 2020

AMOURS FOUS





















Cités à vendre

nuits itinérantes

baraques et palaces
opéras et hurlements
cathédrales de courants d'air

obsédantes incantations
chant des sirènes dans le noir

tricots-néons jusqu'au bout des ombres

mannequins crevant les yeux des vitrines
dans l'obscur éblouissement
de ces nuits monnayables.

L'asile descendu dans la rue
portant les contentions d'amours fous
l'itinérance est politique.


Denis Samson © 2020


dimanche 16 février 2020

1,000 SOLEILS (matin d'hiver)


... un souvenir



















«Ainsi rêvant à l'avenir,
Je songe à mon printemps qui tombe:
Mon passé n'est plus qu'un souvenir,
Mais, hélas! Il sera ma tombe.»
Émile Nelligan, Silvio pleure



L'aube
échevelée de baisers
le froid qui rampe
au pied du lit

le givre qui fleurit tranquillement
sur les vitres

et son sourire
à faire éclore mille étoiles
comme mille soleils
à la fenêtre.




Denis Samson © 2020