mardi 21 mai 2019

LE SEUIL






















Les choses se font et se défont
leurs traces strient mon coeur
sans pardon ni oubli

mon père me murmure à l'oreille

les montagnes pleuvent
pierres et grêle

mon souffle s'allume
au diapason des ombres.



Jean Coulombe © 2019


lundi 13 mai 2019

VAGABOND





















Sur les rues du coeur vagabond
la nostalgie c'est une chanson
un air qui flotte dans l'air
que j'entends en passant
«un souvenir qui tend l'oreille»
comme dit le poète
dans une autre chanson

la nostalgie c'est une chanson
qu'on reconnaît en passant
sur ces rues du coeur
vagabond.


Denis Samson © 2019


jeudi 2 mai 2019

DÉBÂCLE



















Je creuse des ruisseaux fantômes
au centre de mes certitudes

j'y vis la débâcle
en apnée poétique
comme un carnaval sacré

je corde mes frasils sur les rives bleues
la voix fêlée et le soleil trottoir

mes retours d'enfance
s'accumulent en tumulte

mes matins roulent à blanc.


Jean Coulombe © 2019


mardi 30 avril 2019

ARABESQUES



























La lune au salon
des arabesques de fumée
au plafond
le coeur qui baille
il y a des rêves qui veillent
images entremêlées
ombres qui se faufilent
parmi les ombres.

Discrète
la lumière se tient
dans un coin
tresses blondes du feu.

Poésie des heures images
d'une longue solitude.


Denis Samson © 2019


jeudi 18 avril 2019

RETOUR DE SON





















Ce qui nous arrache le coeur
ne finit pas toujours
dans la gueule des chiens

le printemps nettoie l'âme
comme un vautour broyeur d'os
un retour de son au tympan du diable

notre petit sentier brûle devant nous
la chaleur de nos pas monte en rosée

nous savons résoudre
la quadrature des âmes

à feu ouvert dans la ville
une cicatrice à la fois.


Jean Coulombe © 2019


lundi 8 avril 2019

JOURNAL DE BAR





















Le ciel perd ses eaux
les heures s'écoulent
d'un bar à l'autre
d'un quartier blafard

le midi
devient le soir
et j'aboutis
quelque part.

On m'avait pourtant dit
que cet endroit
n'existait plus
mais voilà que j'y suis
à nouveau
accoudé au comptoir
à feuilleter
ce vieux journal de bar
entre miroirs et fantômes
signalant ma présence
au carrefour des ombres.

Parures qui déparent
regards perdus d'éperdus d'amours
perdus

l'ivresse comme une vieille âme

c'est tellement grégaire parfois
la solitude.

Mains molles l'alcool
s'échappe des paroles
bues à voix haute...

Accoudé au comptoir
à feuilleter
ce journal de bar
je revisite cette mémoire
qui se tient en marge
des souvenirs
entre les signes.


Denis Samson © 2019


mercredi 3 avril 2019

UN CIEL À LA FOIS



















Chaque heure à vivre
mérite apocalypse
oraison et vertiges

les piliers de l'horizon
en broient les ombres

ses sables dorés
s'incrustent aux rétines.

La croisière perdue
peut dériver aux récifs

le Haut Crépuscule
bordé de rafales
peut hurler A cappella...

Nous aurons brisé
cette Fausse Mort

un ciel à la fois.


Jean Coulombe © 2019