jeudi 14 août 2014

RAFRAÎCHIR LA MÉMOIRE

à Rosaire...




















Un verre de jazz
des paroles chuchotées
à l'oreille d'une mémoire
comme un corps étranger

une fin de soirée nulle part

cul-sec la poésie
reste collée au comptoir
et le verbe se fait tard

tu parles ton verre t'écoute
peut-être pas
les baisers tu te les inventes
pas toujours
mais là oui.

Plus tard au registre des souvenirs
après avoir fermé
tous les bars du quartier
l'esprit de clocher
revisite le passé
à pied.

Le lendemain c'est toujours un peu
comme ailleurs
il semble que rien n'est
tout à fait la suite

le gin de la veille sur le coeur à l'ancre
c'est pas de l'eau c'est la soif
qui porte une mémoire.


Denis Samson © 2014




jeudi 7 août 2014

HARIKOT DE SALON






















Au Salon du livre
entre deux verres de vin cheap
les poètes jasent de cash



Alain Larose © 2014



dimanche 3 août 2014

LA VISITE






















La poésie arrache ma porte

avec sa bourrasque


elle s'invite dans ma cuisine

ravage mes conforts


son oeil hagard

une banquise folle

dans ma porcelaine


la poésie se retire

laissant quelques mots

cassés dans mon évier


et tout ce soleil

tel un poignard.



Jean Coulombe © 2014


mercredi 30 juillet 2014

CASSÉ

... à un ami

























Le rêve est fini

dans la brise matinale du détergent
ses éléments se dissocient et s'éparpillent
les images s'effacent
le regard à nouveau tourné
vers l'extérieur

tu regardes le jour se pointer
à ta fenêtre

un parapluie fait les cent pas
sur le trottoir d'en face.

Du miroir son visage s'est cassé
le tien est resté

le proprio raconte des histoires
à coucher dehors

la tête jetée sur le papier
tu écris un peu
de ce qui reste pris dans la blessure.


Denis Samson © 2014


jeudi 24 juillet 2014

AU CREUX LE CORPS





















À sentir la vie

m'échapper

au bout des doigts


un long cri rauque

vient me saisir

au creux le corps


tout va trop vite

quand rien

ne va plus.


Jean Coulombe © 2014



lundi 21 juillet 2014

CE GENRE D'AMOUR-LÀ






















Parfois
ça avait ressemblé
à un chien écrasé
qu'il avait pleuré
assis au bord du trottoir
mais qui n'était même pas son chien
et parfois
à Idi Amin Dada
jouant un air d'accordéon

et puis un jour
tu l'as attendu
au bas des marches
d'un autobus
et tout ce que n'avait pas su dire
ce jeune homme que tu avais connu
tous ses mots d'amour
pauvres
infirmes
et crackpots
sont tombés
d'une valise mal fermée
à tes pieds

Marie Christine
celui-là est pour toi


Alain Larose © 2014




dimanche 20 juillet 2014

LA PORTE DU JARDIN






















Je te ramènerai cette parole

qui me brûle en murmures

comme le vieux chat borgne

offre ses oiseaux blessés

aux cendres du matin


près de la porte du jardin

là où les rêves s'immolent.



Jean Coulombe © 2014