samedi 14 octobre 2017

ULMUS AMERICANA


























Un gros arbre beaucoup d'ombre
une belle journée d'été
finissant
un poème
pour retenir l'instant
pour voler aux heures un peu
de ce qui ne revient pas.

(Plaines d'Abraham, «au bureau», septembre 2017).


Denis Samson © 2017


mardi 10 octobre 2017

VENT DE BIAIS





















Elle prend le vent de biais
                         petite voile pâle
            au fond de la baie grise

heures mauves
                         arrachées
           aux fragiles musiques

brisures en averse
                         tant de solitudes
             en rafales

mes bras malhabiles
            cassent le noir murmure
des prières mortes

      au dos de la vie
                         notre courbe suit la ligne
des montagnes invincibles

toutes nos alarmes
            sonnent en creux
      brûlent
            au ventre de la nuit

l'obscurité comme seule amie
                         on se hasarde
              à remonter le courant

une petite lueur à la fois.



Jean Coulombe © 2017


mardi 3 octobre 2017

À LA GORGE



















Dans ta chair s'avance
l'ombre à apprivoiser

un faux silence
absorbe le feu

avec l'été qui meurt
entre nos épaules

on remet tout
aux foudres sauvages
celles qui roulent
à la face du vent

ta main ne tremble pas
ne tremble plus

tu saisis ta vie à la gorge

ce que tu crois de ta légende
carbonise l'instant frêle

tu organises ta fuite
pour mieux rester

migration intime
immobile de fureurs.


Jean Coulombe © 2017


lundi 25 septembre 2017

SPECTACLE


























Foodies culturels

westerns sushis

humour industriel

le grand show d'humiliation
en continu

paumés de la chair des bombes
viande de feu
aux vitrines des bûchers

les meilleures émissions de police
et de barmaids...

Ils disent qu'on est rendus là!



Denis Samson © 2017



mercredi 13 septembre 2017

L'INSTANT





Un rouleau-compresseur d'étoiles
viendra amortir le jour.

En attendant...

Les oiseaux décorent
le silence.


Jean Coulombe © 2017


dimanche 10 septembre 2017

SMOG





















Miroir émoussé au tranchant d'un profil
visage reflétant ce qu'il peut

aube crépusculaire
la ville en chaleur
les fenêtres soupirent

numéros 1 de la haine à la radio le matin
les animateurs du déclin
se remettent à aboyer.


Denis Samson © 2017


mardi 5 septembre 2017

SE PARLER TOUT SEUL






















La glace de sa voix
emplit mon répondeur
de feux éteints

la déchirure du jour
s'incruste au frimas
de mes ailes repliées

le printemps furtif
s'acharne à vide
les décors valsent

moi, je ne danse plus
lourd de fausses joies
cassées sur l'écho.

Interminable
cercle vicieux
des faux départs.


Jean Coulombe © 2017