mardi 19 mars 2019

LA FOI





















Ne crois pas
au fractionnement du réel
à tout ce qui nous gruge.

Ne crois pas
au point de non retour
à la petitesse des idées noircies.

Mais crois
au vertige d'un vol d'outardes
jusqu'au risque de vivre inassouvi.

Car tout advient aux forceps de l'aube
au feu du lendemain.


Jean Coulombe © 2019


mardi 12 mars 2019

LE LIVRE CHARLESBOURGEOIS DE LA VIE ET DE LA MORT
























L'âge enfonce ses réalités
loin dans ma chair

le paysage humain se disloque
emporté par le temps perdu
la lumière en débâcle

je sens le nuage
se poser sur ma main
comme un papillon aveugle.



Jean Coulombe © 2019


vendredi 1 mars 2019

CAHIERS





















Le temps qu'on feuillette
les pages d'un cahier
dont les moments raturés
font aussi partie d'un passé
dont l'entièreté
m'apparaît relative

les pages d'un cahier
le temps qu'on feuillette
la migration des encres
d'un passé
dont l'étrangeté
m'apparaît de plus en plus
familière.


Denis Samson © 2019


lundi 18 février 2019

DEMAIN SERA AUTRE





















Tu aurais voulu le monde plus grand que le fleuve
je connais l'importance de toucher l'autre rive

nos routes en marées loin des corbeaux fous
déchirure de l'air au carrefour des glaces
nous l'avons chanté un psaume à la fois

tel un oiseau saoul j'embrasse la terre
nos lèvres entament le ciel qui nous échappe
chaque foulée assassine l'idée d'un retour

ta main reprend le fil de ma peau
demain sera autre ou brûlera seul.


Jean Coulombe © 2019


mardi 12 février 2019

ATTENTION AUX CHIENS



















Il y a des gens
qui jappent plus fort
que leur chien
pour étouffer la peur du silence
éloigner le souffle de l'étranger
écraser l'impertinence d'un courant d'air
noyer la beauté au fond de leur gorge


Jean Coulombe © 1992



Texte d'abord paru dans Droit de Regart no 8, juin 1992

samedi 2 février 2019

HD


























Le bonheur en tant que sous-produit
d'une culture de masse
les prédateurs du désir nous vendent
une marchandise onirique avariée

en haute désillusion
même la triste réalité
augmentée
dans un monde à l'esprit
de bien des façons
de plus en plus étroit
de plus en plus petit
colonisé jusque dans sa colère
le corps replié sur le coeur
chaque citoyen virtuel en nous
participe plus ou moins
de l'addictive sédation
du fric narcotique
des leaders
de la médiocrité.

Alors,
sans trop s'en faire,
on se dit
pourquoi pas?
On se dit
qu'on est rendus là.


Denis Samson © 2019


mercredi 23 janvier 2019

LÉGENDE URBAINE





















Le ciel aveugle
les constellations se perdent
dans la lumière
des cités éphémères

la nuit électrique
la neige acoustique
les étoiles ressemblent
à une légende urbaine.


Denis Samson © 2019